DES MONNAIES LOCALES pour stimuler l’économie

dimanche 10 mars 2013
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Article d’Isabelle Leprévots dans le magazine Essentiel Santé du 13 février 2013.


Aujourd’hui, 18 monnaies locales, complémentaires (MLC) de l’euro, circulent en France. Elles permettent de « relocaliser » une partie de l’économie en privilégiant la solidarité. Découverte.

Elles s’appellent Abeilles à Villeneuve-sur-Lot, Muse à Angers, ou encore Sol-Violette à Toulouse et permettent d’effectuer des transactions dans certaines villes et territoires bien délimités. « Elles », ce sont les 18 monnaies locales complémentaires françaises.

Soutenir, sans la subventionner, l’économie locale

Acheter son pain, régler un service, payer des fournisseurs ou une part de salaire avec une monnaie autre que l’euro, et utilisable sur un territoire délimité…
c’est possible aujourd’hui. L’intérêt : favoriser l’économie locale en incitant chacun à dépenser sa monnaie auprès de chez lui. Toutes ces monnaies sont évidemment conçues pour être dépensées, et non épargnées

Un engagement citoyen

Chaque monnaie locale complémentaire a ses particularités. Les unes circulent exclusivement entre particuliers dans le cadre d’un système d’échange local (SEL). D’autres, acquises contre des euros et toujours convertibles, permettent d’acheter et de vendre des produits et des services entre membres d’un réseau. D’autres encore ne circulent qu’à l’échelle d’un territoire entre tout type d’acteur et ne sont pas convertibles. Elles sont de plus en plus nombreuses à pouvoir être utilisées à la fois par des particuliers, des entreprises et des collectivités locales : ici, en finançant des projets locaux ; là, en favorisant des dons à des associations ou des actions d’entraide… Les bénéfices sont à la fois économiques, environnementaux et sociaux.

TEMOIGNAGES

« Tisser de nouveaux liens sociaux »

« Une monnaie locale n’ayant de valeur que dans un territoire limité, elle conduit forcément à mieux explorer ce qui se fait près de chez soi. Les conséquences en sont étonnantes : les achats se réorientent sur des ressources de proximité.
On observe aussi des prêts à faible intérêt entre entreprises, du microcrédit ou des échanges de savoir-faire… Et de nouveaux liens sociaux se tissent.
Les acteurs locaux retrouvent le pouvoir d’humaniser leurs achats en privilégiant des producteurs qu’ils connaissent. Ces monnaies répondent au désir de donner une valeur aux relations sociales et de les voir fructifier autour de soi. »

Philippe Derudder, auteur de Les Monnaies locales complémentaires : pourquoi, comment ? Éditions Yves Michel, 2012, 14,50 euros

Pour en savoir plus

•L’abeille : première monnaie locale complémentaire de France, initiée et gérée par l’association Agir pour le vivant, Maison de la Vie Associative, 47300 Villeneuve-sur-Lot. Tél. : 05 53 40 33 82. http://agirpourlevivant.org

http://monnaie-locale-complementaire.net. À découvrir : la carte de France des monnaies et des projets en cours, mais aussi des précisions sur la diversité des modes de fonctionnement et l’impact de ces monnaies.


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