"L’Abeille rapproche les gens..."

vendredi 31 mai 2013
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Article du journal Le Parisien publié le 21 mai 2013, suite aux Assises des Monnaies locales Complémentaires de Villeneuve sur Lot des 18-19 & 20 mai.

Pierre, commerçant à Villeneuve-sur-Lot

Villeneuve-sur-Lot (Lot-et-Garonne). Les utilisateurs des MLC (ici l’abeille) veulent donner un visage plus humain au commerce. (LP/André Dossat.)

Villeneuve-sur-Lot, ce n’est pas seulement la ville d’un ex-ministre du Budget célèbre pour avoir menti sur son compte en Suisse. C’est aussi un haut lieu des MLC. Plus d’une centaine d’initiateurs de projets de monnaies locales complémentaires y étaient réunis le week-end dernier pour leurs assises nationales. C’est dans le fief de Jérôme Cahuzac que la première MLC française, l’abeille, a été lancée, en 2010. « Aujourd’hui, le réseau regroupe 112 entreprises locales. Il a plus de 400 adhérents et 120 000 titres en circulation », se félicite Françoise Lenoble, présidente d’Agir pour le vivant, qui gère et émet la MLC du Villeneuvois. « Notre but, c’est d’agir au quotidien pour préserver les emplois et participer à un projet éthique. » Les entreprises membres du réseau de l’Abeille respectent une charte rigoureuse. « Elles doivent acheter et vendre des produits locaux et équitables. Nous les rencontrons au moins trois fois avant de les accréditer et assurons un suivi auprès d’eux », explique Mme Lenoble. Chez Ze Cuiz’in, restaurant bio situé près du marché, Carole et Laurent acceptent l’abeille depuis janvier. « Il y a beaucoup de producteurs dans le réseau, c’est donc avantageux, en tant que restaurateur, d’avoir accès à eux sans passer par un intermédiaire », dit Laurent. Même si la part de leur chiffre d’affaires en abeilles est assez faible, l’expérience est positive.

Pour Pierre, fabriquant de pain d’épice bio chez Soleimiel, « l’abeille rapproche les gens, alors que l’euro a fait le contraire. J’ai confiance en la monnaie locale parce je connais les gens qui sont derrière », confie l’artisan, qui réalise entre 10% et 20% de son chiffre d’affaires en abeilles. Pourtant, au centre-ville, nombreux sont les commerçants qui n’ont jamais entendu parler de l’abeille ou qui ne sont pas intéressés. « Je vends déjà mes produits à un prix juste et la plupart de mes clients ne sont pas d’ici », explique un artisan. Bernard, qui tient une épicerie fine, considère que « cela créerait une double comptabilité, ce que je ne peux me permettre car je suis seul ». Un aspect démenti par Carole : « Comme il y a la parité avec l’euro, je ne mentionne même pas à mon comptable que ce sont des abeilles. Après, je fais ce que je veux avec, je m’en sers pour mes achats chez le cordonnier et chez le boulanger, par exemple. » Les assises nationales servaient d’ailleurs de forum pour discuter des stratégies de promotion des MLC auprès du grand public. L’exemple du chiemgauer, monnaie locale de Bavière, était sur toutes les lèvres : créée en 2003, elle génère aujourd’hui plus de 3 M€ par an en chiffre d’affaires pour ses adhérents.


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