"Villeneuve-sur-Lot. Monnaies locales : se questionner sur ce qui compte et ce qui doit être compté"

jeudi 23 mai 2013
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Article de Frédéric Pascaud de La Dépêche du Midi" du 20 mai 2013, lors des Assises des Monnaies Locales Complémentaires à Villeneuve sur Lot.

Les monnaies locales complémentaires avaient cours en France au XXe siècle, existent par exemple en Allemagne depuis déjà longtemps, et en France c’est à Villeneuve-sur-Lot qu’est apparue la première de ce siècle : l’Abeille. Depuis 2010 et l’émission de ces premiers billets uniquement utilisables sur le grand Villeneuvois et chez les artisans ou les commerçants qui les acceptent, l’Abeille a essaimé en France et, selon Françoise Lenoble, présidente de l’Abeille, « 52 monnaies locales et complémentaires existent ou sont en projet en France ».
La volonté de ces 1res assises qui se sont ouvertes hier à Villeneuve-sur-Lot était donc bien, face à ce mouvement citoyen qui semble bien enclenché, d’officialiser en quelque sorte ces initiatives et que les instigateurs de ces monnaies deviennent de véritables interlocuteurs auprès des collectivités locales.

Reprendre en main les échanges

Des économistes, tels Philippe Derudder, ont beaucoup réfléchi sur ce que peuvent être les buts de ces monnaies, de la place que l’argent occupe dans la société actuelle et de quelles manières les citoyens peuvent reprendre en main ces échanges au sein d’un même territoire. Une table ronde a ainsi été organisée lors de ces assises afin de réunir tous les acteurs de ces initiatives face aux représentants de diverses collectivités locales et d’échanger sur les expériences menées en France : des élus d’Aubervilliers, de Narbonne, de Villeneuve ou encore de Toulouse.

Ou encore Marie Fare, docteur en économie, qui a beaucoup travaillé sur ces monnaies à travers le monde et les interactions qu’elles peuvent avoir au niveau des collectivités.

Reconsidérer les richesses

Pour Marie Fare, ces monnaies sont dans la dynamique territoriale. Elles permettent de valoriser les richesses naturelles et humaines. Mais beaucoup d’enjeux se cachent derrière le développement de ces monnaies : il s’agit là de transformer les pratiques et les modes de vies. Elles permettent la mise en réseau des acteurs locaux et s’inscrivent dans une citoyenneté active. Il s’agit là d’introduire la monnaie dans la sphère démocratique. Mais l’apparition de ces monnaies implique aussi un questionnement « sur ce qui compte et qui doit être compté. Il faut reconsidérer les richesses ».


L’exemple toulousain

L’exemple toulousain avec le Sol-Violette présenté par Jean-Paul Pla est un bel exemple de l’implication des élus dans la mise en place d’une monnaie.

« Notre réflexion, à travers des groupes de travail, a duré plus d’un an. Nous avons identifié les demandes, de l’argent physique, pouvoir payer les transports, l’alimentation ou encore les loisirs. Nous avons travaillé avec les banques, les entreprises et nous avons lancé une première expérimentation. Un succès avec au bout de 7 mois seulement 70 entreprises participantes et 750 adhérents. Nous avons donc étendu le Sol à toute l’agglomération, et cela fonctionne. Une charte engage entreprises ou artisans participants. Et cette monnaie est fondante : si elle ne circule pas, elle perd de sa valeur. Nous envisageons que la monnaie devienne autonome d’ici quelques années ».

Alors la monnaie locale pour changer les rapports au sein de la société, une solution ?

Frédéric Pascaud

http://www.ladepeche.fr/article/2013/05/20/1630192-villeneuve-lot-monnaies-locales-questionner-compte-doit-etre-compte.html


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