Cela sert à quoi au juste une monnaie locale ?

mardi 21 mai 2013
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Article de Bastien Souperbie publié dans le Journal Sud-Ouest du 18 mai 2013.

Début aujourd’hui des assises nationales des monnaies complémentaires.

Le lycée l’Oustal accueille depuis ce matin les premières assises nationales des monnaies locales complémentaires. Un hommage quelque part à l’abeille villeneuvoise et à ses instigateurs, première monnaie de ce type à avoir vu le jour en France. Depuis, 53 monnaies de ce type circulent sur autant de territoires de l’Hexagone.

Mais en fait, à quoi ça sert une monnaie locale complémentaire ? Réponse avec Françoise Lenoble, coprésidente de l’association Agir pour le vivant, émettrice des abeilles dans le Villeneuvois.

LE PROGRAMME

Cet après-midi, plusieurs ateliers basés sur la méthodologie à employer pour lancer une monnaie locale complémentaire. Ce soir, à 20 h 30, conférence de Jean-Michel Servet sur le thème « Monnaies de lien, monnaies du bien ».

Demain, de 9 heures à 20 heures, ateliers, rencontres et tables rondes ; à 20 h 30, « Enjeux démocratiques des monnaies en alternative à la crise » conférence de Patrick Viveret.

Lundi, dès 8 h 45, présentation du « Manifeste des monnaies locales complémentaires ». Le matin, animations et ateliers ; de 14 h 30 à 15 h 30, « Le défi des monnaies locales complémentaires », clôture des assises par Philippe Deruder.

1 Pour quoi faire ?

« Une monnaie locale complémentaire, ça sert à redynamiser la vie locale sur son aspect social et économique. C’est une monnaie éthique qui a du sens parce qu’elle va nouer des liens entre des prestataires de qualité qui jadis ne se connaissaient pas. En cela, cette monnaie favorise sur le plan économique les circuits courts. »

2 Une monnaie militante ?

« Non, pas vraiment ? C’est une monnaie utilisée par des personnes engagées dans un mouvement de transition énergétique et environnemental. Je m’explique : comme cette monnaie privilégie les circuits courts, le coût financier et environnemental est moindre. »

3 Une monnaie protectionniste ?

« C’est un outil pour retrouver de la cohérence. On consomme en priorité ce dont dispose chez soi. En outre, contrairement à l’euro, la monnaie locale reste exclusivement à l’intérieur du réseau, parce qu’il est son lien. »

4 Peut-on l’épargner ?

« Non, il n’est pas possible de thésauriser une monnaie locale complémentaire. Plus elle circule, plus elle induit de la richesse. On revient aux origines de la monnaie qui a été créée pour remplacer le troc et pour assurer les échanges. Aujourd’hui, on sait que les monnaies comme l’euro ou le dollar contribuent à plus de 9 % à la spéculation financière et donc à moins de 5 % à l’économie réelle. Pour la monnaie complémentaire locale, ce n’est pas possible parce qu’elle a une valeur fondante. Par exemple, l’abeille voit sa valeur fondre de 2 % tous les six mois. Ceci pour inciter les gens à faire circuler cette monnaie. »

5 L’abeille et la banque ?

« Pour ce qui est de l’abeille, sa valeur correspond à un euro. Les euros que nous percevons en échange des abeilles sont placés sur un fonds de garantie à la banque de la Nef, coopérative de finances solidaires, qui octroie des crédits des fins d’utilité sociale et environnementales. Aujourd’hui, l’abeille circule dans le villeneuvois entre 112 entreprises, bénéficie à 400 adhérents et représente une valeur d’échange de 132 000 euros. »

http://www.sudouest.fr/2013/05/18/cela-sert-a-quoi-au-juste-une-monnaie-locale-1057188-3900.php


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