Blanquefort-sur-Briolance première collectivité à adopter l’abeille

mardi 21 avril 2015
par  admin
popularité : 23%

Article de Jérôme Schrepf dans le quotidien La Dépêche du Midi publié le 21 avril suite à la Conférence de presse qui a eu lieu le 20 mai à la Mairie de Branquefort sur Briolance, lors de la signature de la convention entre la municipalité et l’association Agir pour le Vivant, pour l’utilisation de la monnaie Abeille pour les services publics communaux.

Économie - Monnaie locale complémentaire

La municipalité du petit village de 500 habitants a signé hier une convention avec l’association Agir pour le vivant. Objectif : promouvoir l’économie locale.
C’est une première en Lot-et-Garonne et sans doute en France. Hier, en apposant sa signature au bas d’une convention établie avec l’association villeneuvoise Agir pour le vivant, Sophie Gargowitsch a fait de Blanquefort-sur-Briolance, petit village de 500 habitants dont elle est maire depuis tout juste un an, la première collectivité territoriale adhérente à un réseau de monnaie locale. En l’occurrence l’abeille, diffusée en Lot-et-Garonne, essentiellement en Villeneuvois, mais aussi sur Fumel et Agen, auprès de 167 entreprises, artisans et commerçants adhérents.
« Jusque-là, c’était des entreprises qui adhéraient et passaient un contrat avec Agir pour le vivant », rappelait hier Sophie Gargowitsch.
« Avec une première collectivité comme notre municipalité, c’est un appui politique qui est apporté et un soutien au commerce local. Nous avions dans notre projet municipal cette volonté d’aider l’économie sociale et solidaire, de valoriser notre patrimoine local, de pérenniser le commerce et l’emploi sur le secteur. Adhérer à l’abeille s’inscrit dans cette démarche. On s’est toujours dit : on est des locaux, on vit ici et ce n’est plus possible de laisser partir notre argent ailleurs ».
Concrètement, les habitants de Blanquefort et utilisateurs de l’abeille pourront louer la salle municipale en payant en abeilles, utiliser un service de photocopies en payant en abeilles : « On va aussi créer une régie de cantine pour permettre aux parents de payer en abeilles. Nous avons en projet un service de location de vélos électriques que nous voulons ouvrir aussi à l’Abeille. »

Payer l’électricien et la cantine

Trois adhérents blanquefortais constituent le noyau de départ : un électricien, une association qui propose des animations autour du yoga et de la danse, un artisan qui crée des bougies auriculaires. Un maraîcher bio pourrait devenir le 4ème maillon du réseau local très vite : « On peut payer l’électricien en abeilles qui paiera la cantine de ses enfants en abeilles. Et la mairie pourra s’approvisionner en légumes chez le maraîcher de Blanquefort en payant en abeilles ou en s’approvisionnant ailleurs dans le réseau de l’abeille partout en Lot-et-Garonne ».
« Jusque-là, les collectivités ne franchissaient pas le pas car les trésoriers généraux refusaient de prendre en charge des régies dans une autre monnaie que l’euro », explique encore Françoise Lenoble, coprésidente d’Agir pour le vivant. « La loi de juillet 2014 sur l’économie sociale et solidaire vient de permettre ça et un rapport encourage le développement des monnaies locales ».
Didier Gusse, salarié de l’association, lui, voit plus loin : « Aujourd’hui, c’est Blanquefort, demain Cuzorn, Fumel, puis Villeneuve et Agen. Et là, ça change tout : les citoyens deviennent acteurs de l’économie en favorisant les échanges locaux ».
Plus loin, c’est pourquoi pas aussi au niveau du département. Elue le 29 mars au conseil départemental, vice-président en charge du développement durable, Sophie Gargowitsch a bien l’intention d’amener l’abeille jusque dans les couloirs de Saint-Jacques… A suivre.


Monnaie locale qu’es aco ?

Pour payer en abeilles, il faut adhérer à l’association Agir pour le vivant et échanger ses premiers euros contre des abeilles. À l’aide de billets émis en abeilles, on peut ainsi payer au sein du réseau de 167 commerçants, artisans, entreprises : payer son coiffeur, son épicier, sa boulangère, son électricien. Les commerçants peuvent eux aussi payer leurs fournisseurs qui sont adhérents du réseau. Tant qu’il n’est pas changé de nouveau en euros, l’argent circule localement, alimentant les échanges et l’économie du territoire.

Jérôme Schrepf

http://www.ladepeche.fr/article/2015/04/21/2091203-blanquefort-sur-briolance-premiere-collectivite-a-adopter-l-abeille.html


Commentaires

Brèves

16 octobre 2012 - Nantes. La mairie veut lancer sa propre « monnaie »

La mairie de Nantes entend lancer, en juin 2013, sur l’ensemble de son agglomération, une « (...)