L’Abeille investit un premier village en France

vendredi 24 avril 2015
par  admin
popularité : 26%

Article d’ Annabel Perrin dans l’Hebdo QUIDAM du 24 avril, lors de la Conférence de presse dans la mairie de la commune de Blanquefort sur Briolance en Lot et Garonne pour la signature de la première convention entre une municipalité et la monnaie locale complémentaire L’Abeille.

Blanquefort-sur-Briolance a signé cette semaine une convention avec l’Abeille et devient la première commune de France à fonctionner avec une monnaie locale.

Depuis sa création en 2010, la monnaie locale d’origine villeneuvoise, l’Abeille, ne cesse d’essaimer. Cette semaine elle vient encore de franchir un pas, et non des moindres, puisqu’elle est devenue monnaie municipale à Blanquefot-sur-Briolance avec la signature d’une convention par le maire de la commune, Sophie Gargowitsch. C’est aussi une première en France, rendue possible par la loi de 2014 sur l’économie solidaire. Mais pour autant, Sophie Gargowitsch n’a pas eu la tâche facile pour pouvoir récupérer les Abeilles dans les comptes municipaux : « Un vrai parcours du combattant administratif » souligne la première édile. « Mais on a tenu bon » ajoute-t-elle en souriant, tout en se tournant vers sa secrétaire de mairie.

Et si Sophie Gargowitsch n’a pas baissé les bras, c’est parce qu’elle est une convaincue de l’opportunité économique d’une monnaie locale. La vice-présidente au Développement Durable du Conseil départemental s’est depuis longtemps saisie des billets estampillés abeille : « La première fois que j’en ai vus, c’était chez Jean-Claude Despont à Bio-ethic. J’ai trouvé l’idée excellente et j’ai commencé à correspondre par mail avec Didier Gusse, animateur de l’association Agir pour le Vivant, créatrice de la monnaie ».

Un village de convaincus

Sophie Gargowitsch est ainsi devenue une utilisatrice de l’Abeille, faisant travailler les entreprises, commerces, producteurs et artisans de sa commune. Elle constate rapidement que l’Abeille permet une consommation éthique, favorise le circuit court et du lien indéniable entre les acteurs économiques d’un territoire.
Élue maire en 2014, elle décide alors d’officialiser la monnaie avec l’aide de Didier Gusse et de Françoise Lenoble, présidente d’Agir pour le vivant. Et s’appuie sur un tissu local économique déjà largement convaincu par les bienfaits de la monnaie locale puisque quatre entreprises l’utilisent déjà.
De son côté, Agir pour le vivant y voit une opportunité exceptionnelle pour asseoir son utilité : « Blanquefort-sur-Briolance est le premier village abeille et prouve ainsi aux autres collectivités que c’est possible. On espère que cela va déclencher la signature d’autres conventions » souligne Didier Gusse.
Désormais, les Blanquefortais vont pouvoir régler la cantine scolaire, la location de salles municipales et leurs photocopies en Abeille : « Pour l’instant, nous nous cantonnons à quelques régies » précise Sophie Gargowitsch. « Mais à terme, j’espère pouvoir régler les indemnités des élus et la mienne en premier en Abeille, à l’image de ce qui se fait à Bristol, en Angleterre ».
Annabel Perrin

Pour rappel

L’Abeille est une monnaie locale complémentaire éthique et solidaire, circulant en Lot-et-Garonne depuis janvier 2010.
Une Abeille a la valeur d’un euro. Elle s’acquiert en échange d’un euro
L’Abeille a pour objectif de :
– Favoriser prioritairement la consommation locale par des circuits courts
– Redynamiser l’économie locale
– Renforcer le lien social
– Préserver l’environnement en réduisant l’empreinte écologique et les transports
– Refuser la spéculation monétaire
– Soutenir des projets professionnels et associatifs localement



Commentaires

Brèves

16 octobre 2012 - Nantes. La mairie veut lancer sa propre « monnaie »

La mairie de Nantes entend lancer, en juin 2013, sur l’ensemble de son agglomération, une « (...)