Les monnaies locales, bientôt monnaie courante ?

samedi 26 novembre 2016
par  admin
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Article de Mélanie BÉCOGNÉE. publié dans Ouest-France le 20 novembre 2016.
"Les monnaies locales essaiment partout sur le territoire. Cette semaine, vingt-cinq d’entre elles étaient rassemblées dans le Morbihan, pour évoquer l’avenir. Retour sur le phénomène."


Les monnaies locales se multiplient sur le territoire. À se demander si chaque bassin de vie n’aura pas bientôt ses propres billets. Des rassemblements entre les associations s’organisent. C’était le cas, cette semaine, à Augan (Morbihan), et samedi, à Ploërmel (Morbihan), pour celles du Grand Ouest. 25 sur les 37 répertoriées par David Landreau, coordinateur de l’événement, étaient présentes. « J’ai mis du temps à identifier les 37 monnaies du Grand Ouest, précise l’organisateur. Certains font ça dans leur coin. » Beaucoup sont actives depuis plusieurs mois, voire années. D’autres sont à l’état de projet.

Pourquoi ces rassemblements ? Parce que les monnaies locales tâtonnent, et tous partagent leurs bonnes pratiques.

Elles sont une alternative à l’euro pour payer ses achats ou des services. «  La loi dit que chaque citoyen peut imprimer sa monnaie sur un territoire défini », assure David Landreau qui monte actuellement le MLK Gwened dans l’agglomération de Vannes. Et les premières expériences sont récentes : la première monnaie, l’Abeille, a été créée en 2010 dans le Lot-et-Garonne. L’une des plus grosses : l’Eusko, au Pays basque. 370 000 billets seraient en circulation.

Petit Guide Pratique de la monnaie locale

Le fonctionnement
Le principe est simple, son application moins. Le projet est porté par une association qui crée une monnaie. Adossée à l’euro, celle-ci est imprimée sur des billets. "En y apposant un timbre ou un tampon, sa durée de vie est limitée." Les billets sont distribués dans des bureaux d’échanges. Les adhérents de l’association y troquent leurs euro pour payer commerçants et professionnels du territoire également membres. "Ce sont des partenaires qui répondent à notre charte. Il s’agit de consommer proprement et local."

L’objectif
Le leitmotiv des porteurs de ces projets de monnaies locales : stimuler le tissu économique local et développer du lien social. Mais aussi déjouer la spéculation. "Ces monnaies circulent plus que l’euro. On ne peut pas les mettre à la banque, ni les sortir du bassin. Donc, on les dépense. Nous relocalisons l’économie par le biais des circuits courts." Une charte des valeurs a d’ailleurs été définie par le réseau national des Monnaies Locales Complémentaires Citoyennes (MLCC). Même avec une telle entité, difficile de connaitre toutes les monnaies locales en circulation en France. De nouvelles apparaissent, d’autres sont abandonnées. Certaines ne sont même pas connues du MLCC.

Les limites
Pas toujours facile de se coordonner. "Il faut un fort investissement des bénévoles. Le plus dur est de constituer le réseau. La Sardine dans le pays de Cornouailles n’a pas tenu car ils n’étaient pas assez nombreux." Les subventions sont également un point dont certains se méfient. "Le but est de s’autofinancer et de créer des emplois à travers un modèle économique viable, note David Landreau. L’argent rentre grâce aux cotisations des membres et à la taxe prise par l’association lors des transactions. La finalité ? Proposer des microcrédits avec notre tirelire."

Des billets ou pas ?
A l’heure du numérique, "les monnaies locales réfléchissent à un développement dématérialisé", précise David Landreau. Le hic ? Les règles seront à revoir.


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