A Gonfreville l’Orcher, une réunion des monnaies locales de France

samedi 22 avril 2017
par  admin
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Publié le 15 avril 2017, cet article relate la 14° Rencontre du Réseau des Monnaies Locales Complémentaires Citoyennes de France (MLCC) qui a eu lieu les 15-16-17 avril derniers en Normandie, près le Havre.
Ces Rencontres furent également l’occasion d’affirmer la position de notre Réseau, vis à vis d’initiatives de tentatives de récupérations, type "feu Coopek", ou l’essai d’une monnaie unique politicienne de la Région Normandie.

Tendance. En plein développement, la monnaie locale fait l’objet de rencontres, ce week-end. À Gonfreville-l’Orcher, les expériences de toute la France sont confrontées.


Depuis vendredi soir, au centre d’hébergement René-Cance de Gonfreville-l’Orcher, une soixantaine de personnes venues de toute la France sont rassemblées afin de réfléchir ensemble aux monnaies locales. Responsables d’anciens projets et passionnés par de nouveaux projets échangent jusqu’à demain dans le cadre de ces rencontres sur les modalités de mise en œuvre de monnaies locales, créées comme complément à l’euro pour dynamiser l’économie de proximité. Auxerre, Troyes, Toulouse. Les expériences sont nombreuses. Chacun partage son expérience afin de l’enrichir et de donner des pistes à ceux qui veulent se lancer. Coût moyen de lancement d’une monnaie locale, moyens de financements les plus utilisés, voilà les questions les plus posées lors de la table ronde, hier matin, qui a ouvert ces trois jours de rencontres normandes.

Au programme du week-end, trois ateliers participatifs sur les monnaies libres, sur le kopek, monnaie complémentaire nationale mise en place par le réseau Biocoop notamment et enfin sur les monnaies numériques. Dans la salle, toutes les générations sont représentées avec, pour tous, un point commun : l’envie de développer dans sa région une monnaie comme le Grain, monnaie locale de la Pointe de Caux, qui commence à faire son chemin.

Créée en septembre 2015, elle circule désormais dans un rayon d’une trentaine de kilomètres autour du Havre et a réussi à convaincre soixante-dix prestataires (commerçants, artisans, auto entrepreneurs et associations). Elle séduit 800 personnes, persuadées qu’elles peuvent maintenir l’emploi dans le territoire, réduire l’impact écologique et favoriser les échanges entre citoyens.
L’article en ligne

à l’issue des 14° Rencontres Nationales des MLCC

même si cela est déjà dépassé au sujet du Coopek, qui, en cessation de paiement, ne fonctionne plus depuis le 26 avril 2017, mais comme ce genre d’initiatives ne manquera pas de se renouveler, il nous a paru important d’affirmer collectivement le positionnement de notre réseau :

Communique du Réseau des MLCC

Nous, porteuses et porteurs de projets de monnaies locales complémentaires et citoyennes (MLCC) réuni.e.s pour les 14èmes Rencontres Nationales des MLCC à Gonfreville l’Orcher du 14 au 17 avril 2017, souhaitons attirer votre attention sur différents projets de monnaies privées commerciales ou institutionnelles qui
émergent dans le paysage..

Ces différents projets de monnaies ont pour caractéristiques principales d’être ni issus ni portés par l’engagement local et citoyen. Ils sont axés uniquement sur la dimension économique et dans une forme de gouvernance hiérarchique, verticale et donc
autocratique.

Depuis que nous avons obtenu la reconnaissance des monnaies locales complémentaires dans la loi de l’ESS, promulguée le 1er août 2014, nos voyons fleurir nombre de projets qui vont à l’encontre de nos valeurs. Depuis deux ans, l’entreprise du nom de « Coopek SA », développe un outil de mise en place d’une « monnaie nationale d’intérêt local », contestant l’utilité voire la pérennité des monnaies citoyennes déjà existantes.

Nous constatons que nos inquiétudes exprimées aux précédentes Rencontres nationales des MLCC de 2016 étaient fondées, notamment sur les questions de gouvernance, de transparence, d’engagement local et citoyen. En premier lieu la place du citoyen est réduite à la portion congrue. Par ailleurs d’autres éléments du fonctionnement du Coopek ne sont pas compatibles avec nos principes :

  • Il affiche des valeurs dans une Charte, mais ensuite quels engagements ?
  • Quant au Fonds de Garantie, s’il existe, et aux données personnelles, quel contrôle citoyen ?
  • Une monnaie sur support uniquement numérique

Enfin, ce qui a déclenché notre colère, c’est sa pratique douteuse sur le terrain. Le Coopek tente de s’imposer sur des territoires sur lesquels existent des MLCC sans aucune concertation préalable. De plus, il prétend s’appuyer des partenariats non avérés avec les acteurs locaux : la Pêche de Montreuil, le Sol Violette, la Miel, et le
projet « une monnaie pour Paris » peuvent le confirmer.

Nous avons les mêmes doutes dans le projet de « monnaie unique » portée par le Conseil Régional de Normandie. Comment ne pas voir dans cette volonté de créer une monnaie normande, une tentative de prendre la place de nos initiatives citoyennes ?
Nous ne soutenons pas , ici ou ailleurs, ces projets qui ne permettent pas l’appropriation des questions monétaires par les citoyens.

Ainsi, au regard de tous ces éléments, nous souhaitons aujourd’hui affirmer que le Réseau des MLCC s’oppose et s’opposera à ces méthodes pour le moins problématiques, qui tentent d’utiliser nos projets et d’en aspirer la force vive pour s’en servir de caution citoyenne.

« Ce qui est fait pour nous, sans nous, est fait contre nous ». Nelson Mandela.

Bien cordialement,

Le Réseau National des Monnaies Locales Complémentaires
Citoyennes.

Gonfreville L’Orcher, le 17 avril 2017


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